Quels sont les impôts pour les locataires et propriétaires ?

Impôts immobiliers

Quels sont les impôts pour les locataires et propriétaires ?

Table des matières

  • Introduction
  • Impôts pour les locataires
  • Impôts pour les propriétaires
  • Avantages fiscaux pour les propriétaires
  • Comparaison entre locataires et propriétaires
  • Stratégies pour optimiser sa situation fiscale
  • Conclusion
  • FAQ

Introduction

La fiscalité immobilière en France est un sujet complexe qui concerne à la fois les locataires et les propriétaires. Comprendre les différents impôts et taxes auxquels chacun est assujetti est essentiel pour gérer efficacement son budget et prendre des décisions éclairées en matière de logement. Dans cet article, nous allons explorer en détail les obligations fiscales des locataires et des propriétaires, ainsi que les avantages fiscaux dont peuvent bénéficier ces derniers. Nous comparerons également la situation fiscale des deux catégories et proposerons des stratégies pour optimiser sa situation fiscale.

Impôts pour les locataires

Bien que les locataires ne soient pas propriétaires du bien qu’ils occupent, ils sont néanmoins soumis à certaines obligations fiscales liées à leur logement. Voici les principaux impôts et taxes auxquels les locataires peuvent être assujettis :

Taxe d’habitation

La taxe d’habitation est l’impôt principal auquel sont soumis les locataires. Elle est due par toute personne occupant un logement au 1er janvier de l’année d’imposition, que ce soit en tant que propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit. Le montant de cette taxe est calculé en fonction de la valeur locative cadastrale du logement et des taux votés par les collectivités locales.

Il est important de noter que la taxe d’habitation est en cours de suppression progressive pour la résidence principale. Depuis 2020, 80% des foyers en sont exonérés, et d’ici 2023, elle sera totalement supprimée pour tous les contribuables, quelle que soit leur situation.

Contribution à l’audiovisuel public

Jusqu’à récemment, les locataires devaient également s’acquitter de la contribution à l’audiovisuel public, plus communément appelée « redevance TV ». Cette taxe était due par tous les foyers possédant un téléviseur. Cependant, elle a été supprimée à partir de 2022, ce qui représente une économie non négligeable pour les locataires.

Taxes locales

Dans certains cas, les locataires peuvent être amenés à payer des taxes locales spécifiques, telles que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Cette taxe est normalement à la charge du propriétaire, mais elle peut être répercutée sur le locataire dans le cadre des charges locatives.

Impôts pour les propriétaires

Les propriétaires sont soumis à un éventail plus large d’impôts et taxes liés à leur bien immobilier. Voici les principaux :

Taxe foncière

La taxe foncière est l’impôt principal des propriétaires. Elle est due chaque année par le propriétaire du bien au 1er janvier de l’année d’imposition. Son montant est calculé en fonction de la valeur locative cadastrale du bien et des taux votés par les collectivités locales. Contrairement à la taxe d’habitation, la taxe foncière n’est pas concernée par la suppression progressive et reste due par tous les propriétaires.

Impôt sur le revenu foncier

Les propriétaires qui mettent leur bien en location sont soumis à l’impôt sur le revenu foncier. Les revenus locatifs sont ajoutés aux autres revenus du foyer fiscal et imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Il existe deux régimes d’imposition :

  • Le régime micro-foncier : pour les revenus locatifs inférieurs à 15 000 € par an, avec un abattement forfaitaire de 30% sur les loyers perçus.
  • Le régime réel : obligatoire au-delà de 15 000 € de revenus locatifs annuels, il permet de déduire les charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, etc.) des revenus locatifs.

Taxe sur les plus-values immobilières

Lors de la vente d’un bien immobilier, les propriétaires peuvent être soumis à la taxe sur les plus-values immobilières. Cette taxe s’applique à la différence entre le prix de vente et le prix d’achat du bien, après prise en compte de certains abattements. La résidence principale est exonérée de cette taxe, ainsi que les biens détenus depuis plus de 30 ans.

Impôt sur la fortune immobilière (IFI)

Les propriétaires dont le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d’euros sont soumis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Cet impôt est calculé selon un barème progressif allant de 0,5% à 1,5% de la valeur nette imposable du patrimoine immobilier.

Avantages fiscaux pour les propriétaires

Bien que les propriétaires soient soumis à de nombreux impôts, ils bénéficient également de plusieurs avantages fiscaux :

Déduction des intérêts d’emprunt

Pour les propriétaires bailleurs, les intérêts d’emprunt liés à l’acquisition ou à la rénovation du bien loué sont déductibles des revenus fonciers dans le cadre du régime réel.

Dispositifs de défiscalisation

Plusieurs dispositifs de défiscalisation immobilière permettent aux propriétaires de réduire leur impôt sur le revenu en contrepartie d’un engagement de location :

  • Loi Pinel : réduction d’impôt pour l’investissement dans un logement neuf destiné à la location.
  • Dispositif Denormandie : réduction d’impôt pour l’achat et la rénovation d’un logement ancien dans certaines zones.
  • Loi Malraux : réduction d’impôt pour la restauration d’un immeuble situé dans un secteur sauvegardé.

Exonération de la taxe sur les plus-values

La résidence principale est exonérée de la taxe sur les plus-values immobilières. De plus, les biens détenus depuis plus de 30 ans bénéficient d’une exonération totale.

Comparaison entre locataires et propriétaires

La situation fiscale des locataires et des propriétaires présente des différences significatives :

Charge fiscale globale

En général, les propriétaires supportent une charge fiscale plus importante que les locataires. Ils sont soumis à la taxe foncière, à l’impôt sur les revenus fonciers (pour les bailleurs) et potentiellement à l’IFI, tandis que les locataires ne sont principalement concernés que par la taxe d’habitation (en cours de suppression).

Stabilité fiscale

Les propriétaires bénéficient d’une certaine stabilité fiscale, car les impôts liés à la propriété (taxe foncière, revenus fonciers) sont relativement prévisibles. Les locataires, en revanche, peuvent voir leur situation fiscale évoluer en fonction des politiques locales et nationales.

Opportunités d’optimisation fiscale

Les propriétaires disposent de davantage d’opportunités pour optimiser leur situation fiscale, notamment grâce aux dispositifs de défiscalisation et aux déductions de charges. Les locataires ont moins de leviers à leur disposition pour réduire leur charge fiscale liée au logement.

Stratégies pour optimiser sa situation fiscale

Que l’on soit locataire ou propriétaire, il existe des stratégies pour optimiser sa situation fiscale :

Pour les locataires

  • Vérifier son éligibilité aux exonérations de taxe d’habitation.
  • S’assurer que les charges locatives répercutées par le propriétaire sont justifiées.
  • Envisager l’accession à la propriété pour bénéficier des avantages fiscaux associés.

Pour les propriétaires

  • Opter pour le régime fiscal le plus avantageux (micro-foncier ou réel) en fonction de sa situation.
  • Profiter des dispositifs de défiscalisation immobilière lors de l’achat d’un bien locatif.
  • Planifier les travaux de rénovation pour maximiser les déductions fiscales.
  • Anticiper la vente de biens immobiliers pour bénéficier des exonérations de plus-values.

Pour tous

  • Se tenir informé des évolutions législatives en matière de fiscalité immobilière.
  • Consulter un expert-comptable ou un conseiller fiscal pour optimiser sa situation personnelle.
  • Déclarer correctement ses revenus et charges pour éviter tout redressement fiscal.

Conclusion

La fiscalité immobilière en France est un domaine complexe qui impacte différemment les locataires et les propriétaires. Bien que les locataires soient soumis à moins d’impôts directs liés au logement, notamment avec la suppression progressive de la taxe d’habitation, ils disposent également de moins de leviers pour optimiser leur situation fiscale. Les propriétaires, quant à eux, font face à une charge fiscale plus importante mais bénéficient de nombreux avantages fiscaux et opportunités d’optimisation.

Il est crucial pour chacun, qu’il soit locataire ou propriétaire, de bien comprendre sa situation fiscale et les obligations qui en découlent. Une bonne connaissance des impôts et taxes applicables, ainsi que des dispositifs d’optimisation disponibles, permet de prendre des décisions éclairées en matière de logement et de gestion patrimoniale.

En fin de compte, le choix entre location et propriété ne doit pas se faire uniquement sur des considérations fiscales, mais doit prendre en compte l’ensemble des facteurs personnels, financiers et professionnels de chacun. Néanmoins, une compréhension approfondie de la fiscalité immobilière est un atout majeur pour optimiser sa situation financière à long terme.

FAQ

1. La taxe d’habitation va-t-elle vraiment disparaître pour tous les contribuables ?

Oui, la taxe d’habitation sur la résidence principale sera totalement supprimée pour tous les contribuables d’ici 2023, quel que soit leur niveau de revenus. Cependant, elle reste due pour les résidences secondaires et les logements vacants.

2. Les propriétaires peuvent-ils déduire tous leurs travaux de leurs revenus fonciers ?

Non, seuls les travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration sont déductibles des revenus fonciers. Les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement ne sont pas déductibles, mais peuvent être ajoutés au prix d’achat du bien pour le calcul des plus-values lors de la revente.

3. Existe-t-il des aides fiscales pour les locataires ?

Bien que les locataires aient moins d’avantages fiscaux directs que les propriétaires, ils peuvent bénéficier d’aides au logement comme l’APL (Aide Personnalisée au Logement) qui, sans être un avantage fiscal à proprement parler, permet de réduire les dépenses liées au logement.

4. Comment est calculée la valeur locative cadastrale d’un bien immobilier ?

La valeur locative cadastrale est déterminée par l’administration fiscale en fonction des caractéristiques du bien (surface, confort, localisation, etc.) et des loyers constatés pour des biens similaires dans la même zone. Cette valeur sert de base au calcul de la taxe foncière et de la taxe d’habitation.

5. Les propriétaires bailleurs peuvent-ils bénéficier d’une réduction d’impôt pour les travaux de rénovation énergétique ?

Oui, les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier du dispositif « Louer abordable » (anciennement Cosse) qui offre une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 65% des revenus locatifs en contrepartie d’un engagement de location à loyer modéré et de la réalisation de travaux d’amélioration énergétique.

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